18/10/2006

Lettres et poésie lusophones. Lusopholie

Alertados por el gentil John Emerson, conocimos hoy un nuevo blog sobre letras y lengua portuguesas que recomendamos. Escrito en francés y capitaneado por Cecile Lombard.

Aquí, de Raul Brandão, Húmus, (première édition Lisbonne 1907):

Les passions dorment, le rire postiche fait son lit, les mains s’habituent à
faire tous les jours les mêmes gestes. La même toile poisseuse enveloppe et
neutralise, et il n’y a qu’un bruit qui se détache, celui de la mort qui a
devant elle un temps illimité pour ronger. Il y a ici des haines qui minent et
contre-minent, mais comme le temps suffit pour tout, ils minent un empan par an.
Leur patience est infinie et enfonce des pointes dans la terre : elle a pris la
couleur de la pierre et tous les jours elle croît d’un pouce. L’ambition
n’avance pas un pied sans avoir l’autre bien posé. La ruse avance et recule, et,
même si on l’écoute, on n’entend pas le bruit de ses pas. En apparence
l’insignifiance est la loi de la vie : c’est l’insignifiance qui gouverne la
ville. C’est la patience, qui attend aujourd’hui, demain, avec le même sourire
humble : - Prenez patience – et ses doigts agiles tissent une toile de fer. Il
n’y a pas d’obstacle qui la ralentisse. – Prenez patience – et elle encercle,
revient en arrière, attend année après année, et regarde avec les mêmes yeux
sans expression et le même sourire imprimé. Patience… patience… Le mensonge est
d’une autre caste, il montre ses mille couleurs et tout le monde le trouve
agréable. – Mais oui… mais oui.

1 comentarios:

JB dijo...

Muito interessante. Raul Brandão foi o grande memorialista dos anos da república (instaurada em 1910), mas também -- e sobretudo -- o 'poeta' (que escreveu em prosa) dos humilhados e ofendidos, como os pescadores de quem descendia. 'Húmus' (creio que o seu último, ou pelo menos um dos últimos livros) é uma obra que li com imenso prazer.